Articles
This document is also available in English
Je hais ça quand ce que j'aime finit par disparaître après un long et silencieux déclin. J'abhorre ce sentiment sournois et grandissant qu'un projet va s'arrêter. Je le ressens bien avant que j'en aie conscience. Et bientôt, chaque nouvelle information en rajoute encore un peu à cet inconfort. Au final, même une intense dénégation n'apporte aucun espoir. C'est un sentiment difficile à admettre, à s'avouer à soi-même : tout le reste n'est que combat d'arrière-garde.
Je sais que je vais me haïr pour ces mêmes raisons.
Depuis le dernier automne, j'ai dit non de plus souvent que nécessaire. Non, je n'ai pas lu cet article intéressant qui a été publié récemment. Non, je n'ai pas pensé à dépoussiérer nexen.net. Non, je n'ai plus d'éléphpants. Non, je ne publierai pas les prochaines statistiques PHP. Non, je ne savais pas que la dernière lettre hebdomadaire serait novembre 2008. Oui, je ferai une mise à niveau du site le mois prochain. Sans problème, on aura une nouvelle génération d'éléphpants l'an prochain. Et nous voilà déjà l'an prochain. Déjà. Encore.
À la française, je pourrais facilement blâmer d'autres que moi pour ces insuffisances. Déménager à Paris, prendre de l'age, consacrer plus de temps au boulot, prendre de nouvelles responsabilités, manquer d'anticipation, la météo, qui se dégrade tous les ans, le réchauffement climatique... Cela ne sert à rien de se voiler la face : je dois admettre que je suis le seul responsable de ce fiasco. J'aurai dû gérer ces projets différemment, pour les garder à flot. Ils me tenaient trop à coeur.
Je suis malheureux d'en être arrivé là. Puis-je les relancer ? Après un an vide, je ne pense pas. Est-ce que je peux les transférer à un nouveau leader? Ça ne sera pas si facile. Ce qui est sur, c'est que ces projets ont été de formidables compagnons durant toutes ces années. Ils ont développé une relation fusionnelle et partagée avec la communauté PHP, et même au-delà. Vous vous reconnaîtrez : merci à tous de les avoir accueillis avant tant de ferveur et d'enthousiasme. Même ma belle-mère a un éléphpant.
Et ce soir, quand je les verrai s'endormir une dernière fois, je sais qu'ils emporteront avec eux quelque chose qui me dépassait.
Leur panache.
Commentaires
Vous pouvez ajouter votre commentaire! |
Vous devez vous connecter pour commenter


